dimanche 9 décembre 2007

Coup de coeur littéraire

Hello !

Ca fait des semaines que je veux parler de ce livre mais comme je voulais en mettre un petit extrait et que je l'avais ramené à Caen, je ne le fait qu'aujourd'hui ! Il s'agit de L'élégance du hérisson de Muriel Barbery (prix des libraires 2007). L'histoire est celle d'une concierge dans un bel immeuble parisien qui fait tout pour ressembler au prototype même de la concierge, ronchonne et bornée mais qui aspire à des nourritures intellectuelles plus élevées, et d'une petite fille du même immeuble beaucoup trop intelligente pour son âge et qui a décidé de se suicider avant d'être pourrie par la bêtise de l'âge adulte.

Comme ça, cela ne vous fait peut-être pas très envie, mais tout ceux qui aiment lire devraient lire ce livre, tellement l'écriture de l'auteur(e) est jouissive. D'ailleurs le seul repproche que je ferais c'est qu'on a l'impression parfois qu'elle se saoule des mots et c'est trop. Mais sinon l'histoire est captivante et drôle. Vraiment un très bon livre.

Voici l'extrait promis (j'ai eu du mal à choisir, il y en a sans doute des mieux, mais je vous laisse les découvrir).
La concierge reçoit un pli d'une des habitante de l'immeuble.

"J'ouvre l'enveloppe et je lis ce petit mot inscrit au dos d'une carte de visite si glacée que l'encre, triomphant de buvards consternés, a bavé sous chaque lettre.

Madame Michel,
Pourriez-vous, réceptionner les paquets du pressing
cet après-midi ?
Je passerai les prendre à votre loge ce soir.
Par avance merci,
Signature griffonnée

Je ne m'attendais pas à une telle sournoiserie dans l'attaque. De saisissement, je me laisse tomber sur la chaise la plus proche. Je me demande d'ailleurs si je ne suis pas un peu folle. Est-ce que ça vous fait le même effet, à vous, quand ça vous arrive ?
Tenez :
Le chat dort.
La lecture de cette petite phrase anodine n'a éveillé en vous aucun sentiment de douleur, aucun flamboiement de souffrance ? C'est légitime.
Maintenant :
Le chat, dort.
Je répète, pour qu'aucune ambiguïté ne demeure :
Le chat virgule dort.
Le chat, dort.
Pourriez-vous, réceptionner.
D'un côté, nous avons ce prodigieux usage de la virgule qui, prenant des libertés avec la langue parce que d'ordinaire on n'en place point avant une conjonction de coordination, en magnifie la forme :
M'a-t-on fait assez de reproches, et pour la guerre, et pour la paix...*
Et de l'autre, nous avons les bavouilleries sur vélin de Sabine Pallières transperçant la phrase d'une virgule devenue poignard.
Pourriez-vous, réceptionner les paquets du pressing ? "

* Phrase tirée de Guerre et paix dont le personnage est une grande admiratrice.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

ça a l'air très sympa, ce bouquin ! ça tombe bien que l'auteur(e) aime se saoûler de mots, moi, j'adore ! Quand j'écris (oué, ça m'arrive...c'est pas trop comparable, mais bon...), j'aime bien aussi utiliser un style un peu ampoulé, c'est très rigolo. Merci de nous faire découvrir de nouveaux bouquins : ça me change un peu de la littérature de jeunesse (boulot oblige... pour l'instant), qui est sympa, par ailleurs. Bonnes futures lectures, mademoiselle la critique littéraire !

Anonyme a dit…

bon alors moi j'ai rien compris... j'ai l'impression qu'il y a deux mots par phrase que je ne connais pas !
Je sens que je vais me contenter de lire Harry Potter !

benny a dit…

Perrine laisse tomber... ce n'est pas pour les scientifiques ;-P

Anonyme a dit…

Très drole!C'est ma prof de philo d'iufm? Très sympa (genre à payer des chouquettes le premier cours à ses élèves etc...) très dispo, tout en douceur...Elle a écrit aussi une gourmandise...que je n'ai pas lu.
Pour le hérisson, Nico me l'a offert pour nos noces de coton en juillet..Je n'ai pas réussi à accrocher sur le coup, je trouve son écriture un peu trop pompeuse (est-ce surprenant d'une philosophe?)
Mais j'aime tellement la thématique que je pense que je vais réessayer un de ces quatre...après mon dernier truc: le clan des Otori (japon féodal imaginaire, cf mon blog pour plus d'info!)...
Je conseille aussi vivement Lady Pirate, inspiré très fortement de l'histoire de Mary Read et Ann Bony (mais l'auteur prend des libertés...qui passent bien)